
















Au fil des Rencontres de l’Université Euromed de Fès sur l’Alliance des Civilisations, organisées par la Chaire des Nations Unies pour l’Alliance des Civilisations, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les séances plénières et rencontres spéciales ont constitué le cœur intellectuel de cette édition consacrée à « L’avenir de la civilisation humaine à l’épreuve de l’intelligence artificielle », en réunissant décideurs, experts, universitaires et grandes figures internationales autour d’un dialogue de haut niveau sur les mutations qui redessinent notre monde.
Portées dès l’ouverture par les conférences inaugurales de M. Omar Fassi-Fihri et M. Mohammed Taoufik Mouline, qui ont posé les grands jalons prospectifs des débats, les discussions se sont déployées autour d’une interrogation centrale : comment penser l’avenir de l’humanité à l’heure où l’intelligence artificielle reconfigure les équilibres politiques, économiques, sociaux et culturels à l’échelle mondiale.
Les échanges ont ainsi exploré, dans une approche profondément interdisciplinaire, les conditions d’une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et la confiance, tout en questionnant les cadres éthiques, institutionnels et normatifs appelés à accompagner les transformations induites par les technologies intelligentes. Ces réflexions ont trouvé un écho particulier dans les débats consacrés aux usages de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé, où les promesses de l’innovation ont été mises en perspective avec les exigences de l’éthique, de la responsabilité et de la centralité de l’humain.
Cette dynamique s’est enrichie de deux rencontres spéciales ayant donné une profondeur stratégique supplémentaire aux débats. L’échange entre le Pr. Abdelhak Azzouzi et M. Josep Borrell a ouvert une réflexion d’envergure sur les recompositions géopolitiques, le dialogue entre civilisations et les nouveaux équilibres internationaux dans un contexte de bouleversements technologiques accélérés. Dans le même esprit, la rencontre réunissant le Pr. Mostapha Bousmina et Mme Amal El Fallah Seghrouchni a permis d’interroger les liens entre souveraineté numérique, innovation et transformation institutionnelle, en inscrivant ces enjeux dans une vision stratégique de long terme.
Au fil des plénières, les débats ont également interrogé les conditions d’un avenir commun où l’intelligence artificielle serait pleinement mise au service de l’humain, en articulant les notions de confiance, d’inclusion et de progrès partagé. Les échanges ont fait émerger une conviction forte : les mutations technologiques ne peuvent être appréhendées indépendamment des valeurs humaines communes qui fondent les sociétés et structurent le vivre-ensemble.
Dans cette perspective, les interventions ont constamment replacé les avancées technologiques dans une réflexion plus large sur les défis civilisationnels contemporains, soulignant que l’intelligence artificielle engage autant des choix de société qu’elle ouvre de possibilités scientifiques. Qu’il s’agisse de gouvernance mondiale, d’éthique appliquée, de cohésion sociale ou de dialogue entre les cultures, un même fil conducteur a traversé l’ensemble des débats : penser l’innovation à l’aune du bien commun.
Par la densité des échanges et la portée des réflexions engagées, ces plénières ont affirmé la vocation de ces Rencontres comme espace de pensée collective sur les grandes mutations du XXIe siècle. En faisant dialoguer expertise, vision politique et humanisme, elles ont rappelé que les défis soulevés par l’intelligence artificielle relèvent autant d’un projet de civilisation que d’un horizon technologique. Depuis Fès, au cœur de l'UEMF, ces débats ont ainsi porté une conviction forte : l’avenir de l’innovation se construit aussi à travers le dialogue des valeurs, des savoirs et des peuples.